Pour la femme
au siècle dernier, il est le symbole de la classe sociale
et des bonnes convenances, seule l'ouvrière ose sortir dans
la rue la tête découverte. Mais la libération de la femme,
sa participation de plus en plus grandissante à la vie active,
lui seront fatales.
Il sera abandonné,
tout comme le corset. On le trouve encombrant, voire ridicule.
Il n'est plus guère porté que l'hiver, retrouvant là sa
vocation première : se protéger du froid, ou l'été et lors
de cérémonies officielles, ou lors de mariages. Quoi qu'il
en soit, la période qui s'étend de la fin du XVIIIème siècle
à 1960 vit le triomphe de cet accessoire.
LE SAVIEZ-VOUS
? LE BERET BASQUE EST BEARNAIS !
Le béret basque
est une coiffure spécifiquement pyrénéenne et plus exactement
béarnaise. Au Moyen-Age les gens du Bigorre, de la Sioule
et du Béarn portaient tous le béret, y compris le clergé.
Mais si la région de Caussade, située au nord de Toulouse,
compte de nombreuses fabriques de chapeaux, pour les bérets
il faut aller plus au Sud, vers les Pyrénées, en pays béarnais.
Le Béarn, en effet, et non le pays Basque, où les premiers
touristes français de 1936 ont pu découvrir la fameuse coiffure
en se rendant sur la côte, et l'ont ainsi identifiée à un
usage typiquement local. Grands voyageurs s'expatriant même
souvent, les Basques ont également été les premiers à faire
connaître le béret dans le monde entier, l'élevant au rang
de symbole national, au même titre que la baguette, le vin,
les parfums, le général De Gaulle et la Tour Eiffel (dans
le désordre).
Coiffure d'abord
tricotée et portée par les bergers, l'industrialisation
du béret commence dès le XIXè siècle. Les entreprises prospèrent,
en nombre et en résultat, jusqu'aux années cinquante et
soixante, comme pour le chapeau. Oloron-Sainte-Marie, petite
ville située à une trentaine de kilomètres au sud de Pau,
a pu accueillir jusqu'à quinze entreprises.
PETIT LEXIQUE
DU CHAPEAU
- BOLIVAR : Mode
créée vers 1820. Il tire son nom du chapeau haut de
forme à larges bords que portait Simon Antonio Bolivar
qui, entré à Bogota en juin 1819, en devint le président
et le dictateur militaire. On en créa un chapeau évasé
qui devint un "bolivar".
- BORSALINO : Chapeau
créé en 1857 par Guisepe Borsalino, de la maison Borsalino.
C'est un chapeau de feutre qui fut très vite adopté
par tous les élégants italiens.
- CANOTIER : Chapeau
à bords plats et étroits, le plus souvent en paille,
qui fut adopté à la fin du siècle dernier par les adeptes
du canotage. Coiffure masculine à l'origine, elle fut
ensuite portée par les femmes.
- CAPELINE : A l'origine
chapeau de chasse féminin, c'est aujourd'hui une coiffe
à larges bords, souvent en paille ou en matière légère.
- CHARLOTTE : Coiffe
d'intérieur qui recouvre entièrement la chevelure. Bordée
de dentelle ou d'un volant, elle est réalisée dans des
matériaux souples et légers (dentelle, tulle, ...).
- FALUCHE : De velours
noir, la faluche est le béret que portent les étudiants.
Rarement portée de nos jours, elle était ornée de rubans
ou d'insignes de couleur qui désignait la Faculté ou le
Collège.
- HENNIN : Coiffure
en cône dont la pointe peut s'élever jusqu'à 60 cm et
est ornée d'un long voile descendant dans le dos appelé
flocard. En vogue au XVè siècle, le hennin, qui faisait
partie des coiffures à cornes, a été condamné par l'Eglise.
- MANTILLE : Fichu
en dentelle, en tulle brodé ou en soie, de couleur noire
en général, la mantille fut introduite en Espagne en 1721
par les dames d'honneur de l'infante.
- MELON : Il est apparu
pour la première fois sous le Second Empire. Chapeau masculin,
en feutre rigide, rond et bombé, il est généralement de
couleur noire. De couleur grise, il accompagne les tenues
"habillées".
- PANAMA : Chapeau
de légende, le panama est fabriqué avec la feuille du
latanier, arbre poussant dans les forêts de la république
de Panama. Coiffe d'été en paille large et souple qui
fut très en vogue au siècle dernier, elle prit le nom
de panama en 1865.
(Bibliographie : "Chapeaux
1750-1960" -1980, Confection 2000 n° 144 - Mai 93) |