son nom viendrait de ce qu'à
la bataille de Steinkerque, les officiers français, surpris
par la rapidité de l'attaque, n'eurent pas le temps de nouer
leur cravate, et combattirent dans cet équipage.
A la fin du siècle, elle est
remplacée par la Crémone, simple ruban de dentelle autour
du cou. Puis, pendant pour ainsi dire la totalité du XVIIIè
siècle, la cravate disparaît du costume masculin. Elle est
remplacée par un tour de cou à trois plis en mousseline
blanche. Il faut attendre la fin de l'Ancien Régime pour
voir la cravate réapparaître, mais sous une forme différente
de ce qu'elle était sous Louix XIV. C'est un grand carré
de mousseline blanche, plié en diagonale, noué sur le devant.
Grande variété dans le nouage et l'importance de la cravate.
Sous le Directoire, elle est très engonçante. On met des
cravates blanches, mais aussi des cravates à motifs en madras
le matin, des cravates noires dérivées de l'usage militaire.
Cette cravate aboutira à la
cravate romantique sans grandes modifications. On s'attachera
à soigner de plus en plus son ajustement ; c'est ce que
Brummel fera plus que d'autres, et l'on verra pulluler des
petits ouvrages sur l'art de mettre sa cravate. La cravate
est noire dans la journée, ce qui est plus sport, et blanche
le soir avec le frac. Peu à peu, la cravate noire sera universellement
adoptée par la bourgeoisie avec la redingote noire ou grise,
tenue réputée correcte, qui durera jusqu'à ce siècle. A
mesure que la cravate romantique diminue d'ampleur et d'engoncement,
on peut en distinguer plusieurs dérivées :
- le simple noeud autour
du cou, qui deviendra l'accompagnement obligatoire de
l'habit moderne,
- la cravate-plastron, qui
s'étale sur la chemise, maintenu par une épingle et qui
accompagne encore la jacquette dans certaines cérémonies
- la cravate-régate, qui
apparaît à la fin du Second Empire, et qui est la cravate
moderne.
- A la fin du siècle dernier,
certaines variantes sont portées par certains groupes
sociaux bien définis: lavallière pour les artistes, les
poètes, etc....
LA CRAVATOMANCIE ou l'art de deviner l'homme qui se cache
derrière une cravate
- Le timide : Il porte
un noeud discret, étroit. Sa cravate descend jusqu'à la
ceinture, ses coloris préférés sont foncés ou très neutres.
- Le sportif : Son
noeud est lâche, souple, nonchalant. Il aime les couleurs,
les motifs, les cravates-clubs, les cravates tricots,
les cravates lavables. Les pans ont une bonne largeur
et restent souples, parfois flottants.
- L'artiste : Il met
dans son noeud de cravate (s'il a du talent) la souplesse
intellectuelle qui le caractérise et le côté désinvolte
qui lui va. Les pans sont souples et larges.
- Le Don Juan : Sa
cravate est courte à noeud proéminent. Il provoque déjà
dans la façon ostentatoire dont il s'habille.
- Le Technocrate :
Méticuleux, il ne peut guère exprimer l'imagination et
la fantaisie. Il se contente du complet classique et foncé,
des cravates en camaÏeux ou strictement assorties. Son
noeud est fait avec méthode, toujours parfaitement géométrique
à pans de largeur moyenne, tout à fait conformistes.
- Le BCBG : Il aime
l'harmonie, la sobriété, les camaïeux, les couleurs complémentaires
pour sa cravate et sa pochette. Il aime les belles matières,
le noeuf graphiquement réussi mais moyen, les pans classiques
retenus dans un gilet. Il sait parler d'amour, il est
stable mais pas toujours très drôle !
- Le snob : Il n'aime
que le cachemire et reste très pointilleux sur les griffes
des couturiers (qu'il s'arrange pour exhiber d'une manière
ou d'une autre). Il faut que ce soit cher et exotique
pour lui plaire. Attention, son intelligence peut être
rudimentaire même si sa cravate est assortie à la carrosserie
de sa voiture !
- L'anar : Il porte
ou ne porte pas de cravate. S'il en porte, l'important
pour lui reste à provoquer, de porter n'importe quelle
forme n'importe où et n'importe comment. Passionné et
violent, il aime les trucs fous et les jette facilement.
- Le punk : Cravate
étroite, genre lacet et tout à l'avenant : couleurs insolites,
matières révolutionnaires, formes provocantes. Un garçon
marginal.
(Confection 2000 - N° 32 -
Février 1983-Confection 2000-N° 46 - Mai 1984))
L'article ne précise
pas la dernière catégorie : le GOD OF METAL
: pas de cravate ! Moi je pense que le vrai classoss ne
doit pas être prisonnier de ce type de catégorisation,
il doit changer de style quand ca lui chante, il doit être
tout à la fois : un BCBG snobinard et technocrate
qui collectionne les conquêtes féminines, conquêtes
sur lesquelles il pratique le body painting après
des scéances de sport au lit torrides. Pour en arriver
là, il aura jouer le timide avec ces mêmes
conquêtes et adoptera une attitude rock n' roll ou
punk pour mettre ses conquêtes à la porte après
les avoir honorées. |