| Puis la France
adopta le pantalon à l'époque de la Révolution. Il faudra
cependant attendre 1830 pour qu'il soit véritablement accepté
et d'usage courant comme vêtement de ville. Sous le sobriquet
de "tuyau de poêle", il adoucit les complexes
des hommes et femmes en cachant les imperfections éventuelles
de leurs jambes.
Les filles du peuple, ouvrières
ou paysannes, n'en porteront toutefois pas pendant longtemps,
suivant l'assertion populaire selon laquelle : "une
fille qui porte des pantalons est une fille qui se conduit
mal", car "une femme honnête a les genoux
sales". Depuis, le pantalon est devenu le symbole
de l'émancipation féminine et du confort. Le pantalon féminin
ressemble désormais au pantalon masculin.
C'est en Perse que l'on rencontre
les premiers pantalons féminins. Jusqu'au XVIIIème siècle,
les femmes tentent de l'adopter, mais sans succès. Sous
la Révolution, un décret interdit de porter un habit du
sexe opposé ; le Consulat autorisera les femmes à porter
le pantalon, sous réserve d'autorisation préfectorale. Les
sports, notamment la bicyclette et le ski, permettront aux
femmes de s'habiller enfin en pantalon. Le pantalon est
à l'origine un vêtement pour homme, sorte de culotte (pièce
de l'habillement ancêtre du pantalon) couvrant le corps
de la taille jusqu'aux pieds, à jambes séparées et généralement
fermé par une braguette. La fermeture d'un pantalon peut
aussi être un pont. Il s'appelle alors "pantalon à pont"
qui est le pantalon de la Marine.
Le pantalon peut être large
ou étroit (il est alors appelé "pantalon cigarette"). Il
peut être muni ou non de poches, orné ou pas d'un revers
dans le bas. On appelle entrejambe la partie du pantalon
située entre les jambes, la hauteur d'entrejambe étant la
hauteur qui sépare le sol de l'entrejambe. L'entrejambe
comporte souvent un gousset, pièce d'étoffe en forme de
losange destinée à donner de l'aisance aux mouvements. Le
pli du pantalon permet de marquer le devant du pantalon,
du haut jusqu'en bas. La tendance actuelle est aux pantalons
à pinces, qui assurent une plus grande liberté de mouvement.
Il existe différents types
de pantalons : le pantalon pattes d'éléphant est un pantalon
moulant les cuisses, s'évasant à partir des genoux et dont
le bas est extrêmement large. Le pantalon corsaire, dit
aussi corsaire, est un pantalon étroit, voire moulant, s'arrêtant
aux mollets. Le pantalon fuseau ou fuseau, pantalon réalisé
dans des matières élastiques, qui épouse la jambe et est
maintenu au pied par une "patte" ou un talon, est devenu
dans les années 1950 un pantalon de ville à part entière,
et non plus un vêtement à usage purement sportif.
On trouve d'autres variantes
du pantalon : le pantalon à la hussarde (pantalon
ample aux cuisses enserrant étroitement les chevilles),
le pantalon carré (pantalon serré au bassin, aux jambes
larges et à quatre coutures afin de donner plus d'ampleur
au vêtement), le pantalon sabot (apparu vers 1891, il porte
une découpe au niveau du genou et s'évase vers le bas),
le pantalon tube (pantalon ajusté au bassin et à jambes
larges sans pli marqué dont la particularité est de n'avoir
qu'une seule couture entrejambe) ou bien encore le pantalon
Largeot. Appelé communément le "largeot", il fut inventé
par Adolphe Lafont qui en déposa le brevet en 1896. C'est
un pantalon de travail en velours "Cosserat" de forme très
large, évasé au niveau de la cuisse et rétréci sur le mollet.
Il se déclinait en différentes couleurs selon les différents
corps de métier qui le portaient : noir pour les charpentiers
et les couvreurs, marron pour les menuisiers et beige pour
les tailleurs de pierre. On trouve également le knickerbockers
(pantalon de sport ou de ville dont les jambes bouffantes
s'arrêtent au-dessous des genoux ou aux mollets) ou bien
encore le jodhpur (pantalon d'équitation bouffant au niveau
des cuisses). Enfin, le jean, ex-emblème de la conquête
de l'Ouest et de la jeunesse rebelle, est rapidement devenu
le pantalon de culte et de controverse par excellence.
(Confection 2000 - N° 32
- Février 1983-Confection 2000-N° 46 - Mai 1984) |