GRECE : Les femmes
grecques portent un corsage lacé au-dessous des seins et
gardent la poitrine nue. Comme le port de corsets et crinolines
est interdit, elles utilisent l'apodesme, petite bande d'étoffe
qu'elles enroulent sous la poitrine pour soutenir les seins
dans un but non pas esthétique mais tout à fait utilitaire
: empêcher les seins de bouger pendant la marche. Peu à
peu, l'apodesme, se rétrécissant, prend le nom de mastodéton.
Et selon l'endroit où elle était placée, elle devenait zona,
strophium ou cingulum.
ROME : Les dames romaines
adoptèrent à leur tour l'apodesme portée par les femmes
grecques. Seul le nom changea, pour devenir le mamillare,
le fascia, le capitium et le toenia. Le fascia était porté
par les jeunes filles pour freiner la croissance des seins.
Le mamillare quant à lui servait à effacer une poitrine
trop forte. Le strophium,ne faisait que soutenir les seins.
FRAAAANCE : On peut
voir sur l'Arc de Triomphe d'Orange une fresque sur laquelle
figurent deux femmes gauloises, torse nu, portant une longue
jupe. Les femmes porteront le bandeau après la conquête
de la Gaule par César. Au XIIème siècle, les femmes portent
la basquine, qui est une sorte de corset en toile raide
qui étrangle la taille. Un siècle plus tard, la gourgandine
(corsage) est portée par-dessus un corset. Mais c'est au
XIIIème siècle que l'on peut lire dans la vitrine d'une
corsetière : "contient les forts, soutient les faibles,
ramène les égarés".
Au XIVème siècle, la ceinture
devient très large et soutient la poitrine. Cependant, peu
de femmes la portent, elle est même interdite dans certaines
régions de France. Un édit de Strasbourg, daté de 1370,
exige "qu'aucune femme ne se soutienne la poitrine, que
ce soit par disposition de la chemise ou par robe lacée".
Sous Charles VII, la poitrine
est habillée d'une pièce de drap triangulaire et d'un léger
fichu de gaze : la gorgerette. Le corset se porte
toujours très serré, au rique de déformer la cage thoracique.
C'est Ambroise Paré qui, le premier, constate les ravages
causés par ce corset. Il découvre des cages thoraciques
déformées où les côtes se chevauchent et atrophient les
poumons.
La révolution bannira le port
du corset : les seins ne sont plus soutenus que par un fichu
noué en-dessous de la poitrine.Sous l'Empire, le corset
"à la Ninon" se porte sous la robe. Ce corset se transforme
suivant les modes du moment. C'est à cette époque que naît
le premier corset à baleines, créé par le corsetier Leroy
car la mode est alors aux seins très écartés.
Le XXè siècle,et surtout après
la fin de la 1ère guerre mondiale, voit la libération des
moeurs. Les femmes se veulent "à l'aise" dans leurs vêtements.
On assouplit le corset et on remet au goût du jour le bandeau
que portaient les femmes dans l'Antiquité sous la forme
d'un soutien-gorge. Créé en 1912, le premier soutien-gorge
ne connaît que peu de succès car il est de conception trop
lourde. On le porte sur la chemise et plutôt que de soutenir
la poitrine, il l'écrase. En 1932, on modifie sa forme en
accentuant la profondeur des bonnets. Ce seront en fait
les grands couturiers comme Paul Poiret qui "l'imposeront"
en recommandant à leurs clientes de le porter à même la
peau.
(Bibliographie : "Secrets
d'Elégance" - Musée de la Mode et du Costume - 1984 "Histoire
du costume en Occident de l'Antiquité à nos Jours" par François
Boucher- Editions Flammarion - 1965 - Modes & Techniques
1991)
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